CONTEXTE


CONTEXTE

La population mondiale devrait passer de 7,4 milliards à 9,1 milliards d’ici 2050. La proportion de la population vivant dans les zones rurales, en revanche, devrait diminuer globalement, passant de 3,4 milliards de personnes à 3,1 milliards au milieu du siècle. Contrairement au scénario global, les pays en développement comptent environ 75% de la population vivant dans les zones rurales, qui dépendent de l’agriculture et continuent de dépendre de celle-ci pour leur subsistance. De plus, la tendance croissante à l’urbanisation pourrait faire apparaître le besoin d’irrigation urbaine dans un avenir proche ou moyen. Cette perspective devrait donc également se refléter dans la planification de l’irrigation dans les pays en développement.

On estime que la production alimentaire globale devrait être augmentée d’environ 70% entre 2005 et 2050. Dans le cas des pays en développement, la production alimentaire doit être doublée pour nourrir la population croissante. L’épuisement et la dégradation des ressources en terres et en eau posent de sérieux problèmes pour produire suffisamment de denrées alimentaires et d’autres produits agricoles pour assurer les moyens de subsistance et répondre aux besoins des populations tant rurales qu’urbaines. Étant donné que l’augmentation de la production alimentaire devra provenir des mêmes ressources en terres et en eau, l’accent devra être mis sur l’augmentation de la productivité de l’agriculture et de l’eau grâce à une utilisation efficace et optimale des ressources disponibles. Cela nécessitera l’adoption de pratiques agricoles améliorées, l’irrigation augmentant ainsi que la modernisation des systèmes d’irrigation existants, les réformes institutionnelles et le renforcement de l’agriculture irriguée. A cet égard, le rôle de l’agriculture résiliente dans la satisfaction des demandes croissantes face à des marchés plus compétitifs et volatils et à des événements extrêmes (fréquences et intensités) induits par le changement climatique sera crucial.

En Afrique, étant donné que la majorité de la population vit encore dans les zones rurales, le développement rural et la gestion rationnelle de l’eau agricole constitueront un puissant moteur de développement durable et amélioreront la résilience des ménages ruraux face aux nouveaux défis. A cette fin, les principaux problèmes à prendre en compte comprennent : (i) l’investissment dans l’agriculture irriguée à moyenne, grande échelle, ainsi que petite échelle pour l’agriculture familiale, (ii) la promotion de la résilience des ménages ruraux pauvres, (iii)l’économie d’eau en irrrigation. Au Maroc, cette approche est prise en compte dans la stratégie du plan Maroc vert lancé en 2008 et qui inclut dans sa conception le pilier I (agriculture moderne), le pilier II (agriculture solidaire) de même que la gestion rationnelle de l’eau en agriculture.

Irriguer les terres desséchées en Afrique permettra non seulement d’améliorer la productivité agricole, mais également de mettre davantage de nourriture sur la table des agriculteurs. Ils pourront ainsi passer d’une agriculture de subsistance à une production à plus grande échelle et  accroître leurs revenus sur les marchés locaux et régionaux. Une agriculture climato-intelligente peut accroître les rendements, permettre aux agriculteurs de mieux gagner leur vie et aider à protéger la biodiversité, améliorer la fertilité du sol et protéger l’environnement.