A propos de RCID 2020

LA 5ÈME CONFERENCE REGIONALE AFRICAINE

La Commission Internationale des irrigations et du drainage (CIID) organise des conférences régionales dans quatre régions du monde: région africaine, région européenne, région asiatique et région panaméricaine. La série de conférences régionales africaines (ARC) a débuté avec la première conférence sur le drainage en avril 2004 au Caire (Egypte), la deuxième conférence régionale africaine, qui s’est tenue en novembre 2007 à Johannesburg (Afrique du Sud); la troisième sur l’irrigation et le drainage a été organisée à Bamako, au Mali en décembre 2011, la 4ème conférence régionale africaine sur l’irrigation et le drainage s’est tenue à Assouan, en Egypte en avril 2016. La 5ème ARC présentée dans ce premier bulletin sera organisée par le Comité national marocain de la CIID (ANAFIDE) du 16 au 19 mars 2020 à Marrakech, au Maroc.

La situation géographique du Maroc est à l’origine des contraintes climatiques qu’il subit et des atouts dont il dispose sur les plans pluviométrique et hydrologique comparativement aux autres pays de l’Afrique du nord. Le climat méditerranéen du Maroc en fait une contrée caractérisée par une grande irrégularité temporelle et spatiale des précipitations. 80% du territoire national reçoivent moins de 400 millimètres par an.  Le potentiel de ressources en eau naturelles est évalué à  20 milliards de mètres cubes par an dont 4 milliards de ressources en eau souterraines.   La superficie du Maroc est de l’ordre de 71 millions d’hectares. Les terres dont les sols et les conditions hygrométriques sont adaptées à la culture ne représentent que 13% de la superficie totale avec près de 9 millions d’hectares (superficie agricole utile). Eu égard aux ressources en eau mobilisables pouvant être affectées au développement de l’irrigation, les superficies irrigables de façon pérenne sont de 1 million 360 mille hectares auxquelles s’ajoutent 300 mille hectares d’irrigation saisonnière et par épandage des eaux de crue.

Dès l’avènement de son indépendance, le Maroc a intimement lié son développement économique et social à la maitrise des ressources en eau et au développement de l’irrigation. L’année 1967 est considérée comme une référence en la matière avec l’avènement de l’objectif d’irriguer 1 million d’hectares en 2000 et le lancement de la politique des barrages au Maroc.

Bien qu’elle ne couvre que 16% de la superficie agricole utile, l’agriculture irriguée contribue à environ 45% en moyenne de la valeur ajoutée agricole, cette contribution peut atteindre jusqu’à 70% pendant les années sèches. En outre, les zones irriguées participent à hauteur de 75% du volume des exportations agricoles, assurent de l’emploi en milieu rural, contribuent à l’amélioration des revenus des agriculteurs et aux conditions de vie des ruraux, et ont retombées importantes sur le secteur de l’agro-industrie.

Le Plan Maroc Vert place la question de l’eau au-devant des réformes transverses les plus importantes et a identifié 4 principaux enjeux eu regard de la question de l’eau. (i)le développement des moyens de mobilisation des ressources en eau conventionnelles et non conventionnelles ; (ii) la valorisation des ressources en eau allouées à l’irrigation ; (iii)la mise en place d’une tarification fortement incitative à l’économie et à la valorisation de l’eau ; (iv)une politique de gestion volontariste de la demande, notamment de l’eau agricole à travers l’activation d’une véritable police de l’eau, la généralisation des techniques économes en eau, la focalisation sur les cultures maximisant la valeur de l’eau utilisée, etc. Pour répondre à ces enjeux, trois programmes structurants sont mis en œuvre : (a) le programme national d’économie d’eau en irrigation, (b)le programme d’extension de l’irrigation, (c)le programme de Partenariat Public-Privé en irrigation.